Rencontre de lancement de l’IRN RISCDIS à l’Université du Québec à Rimouski (24 mai-2 juin 2022)

Une première rencontre entre les partenaires français et québécois a eu lieu à l’ISMER/UQAR (Rimouski) et dans le golfe du Saint-Laurent entre les 24 mai et 2 juin. Outre la présentation de l’IRN, elle a permis aux partenaires de prendre connaissance des expertises des uns et des autres et d’aborder les modalités de mise en œuvre du projet RISCDIS qui implique des universités et des laboratoires japonais, américains, québécois et français.

Dans cette perspective, un séminaire a été organisé le lundi 30 mai impliquant 12 chercheurs français et québécois. Le contexte, les objectifs, la structure de fonctionnement, les fonds disponibles et les livrables attendus ont été présentés et discutés entre les participants, après quoi ont débuté les exposés scientifiques en fonction des thèmes retenus pour RISCDIS ci-dessous :

  • Paléosismicité dans le Saint-Laurent.
  • Erosion côtière et submersion au Québec.
  • Résilience côtière.
  • Tempêtes et glissements sous-marins – exemple des canyons de Pointe-des-Monts
  • Inondations au Québec.
  • Systèmes sociaux-écologiques et changements.
  • Marées rouges et blooms toxiques
  • Impacts des tempêtes sur le littoral arctique
  • Fonte des glaciers
  • Soutien informatique à l’IRN (site web et bases de données communs)

Ces présentations ont permis d’amorcer un dialogue fructueux et d’aborder de manière approfondie les questions stratégiques des verrous scientifiques et des modalités de mise en œuvre de l’interdisciplinarité entre les différents experts impliqués dans le projet.

La journée du 27 mai a été consacrée à la visite du navire Coriolis II, un navire de recherche océanographique ultramoderne de 50 mètres de long équipé des dernières innovations technologiques grâce au partenariat entre les universités McGill, Laval et du Québec à Montréal. Doté à bord de laboratoires consacrés aux travaux de recherche lors des missions en mer, ils permettent de former des équipes de recherche multidisciplinaires pouvant accueillir jusqu’à 14 scientifiques locaux ou internationaux.

Dans le cadre du projet RISCDIS, le Coriolis constitue une pièce maîtresse en matière d’étude des glissements sous-marins et tsunamis qu’il peut engendrer grâce aux carottes sédimentaires et aux données de géophysique qu’il autorise. Dans cette perspective, la mission SLIDE-2020 (Submarines Landslides : Interpretation and Dating in the St.Lawrence Estuary) au cours de laquelle de très nombreuses données ont été collectées orientera fortement une future thèse entre le Chrono-Environnement et l’ISMER/UQAR.

Dimension fondamentale de RISCDIS, la préparation et la réduction de la vulnérabilité des populations aux risques s’est traduite par la tenue d’un Forum ouvert dans la municipalité de Sainte-Félicité, faisant partie de la municipalité régionale de La Matanie (Bas-Saint-Laurent). La tempête du 6 décembre 2010, et la submersion qu’elle y a causée, a été particulièrement dommageable. Les niveaux d’eau atteint à cette occasion ont été en moyenne de 2,0m au-dessus du niveau de la pleine mer supérieure de grande marée. Le phénomène s’est reproduit le 30 décembre 2017, avec les mêmes conséquences en termes d’érosion, de dommages aux habitations et de submersion de la route côtière. Il n’est donc pas étonnant que ce territoire fasse l’objet d’un suivi particulier de la part des chercheurs en sciences sociales de l’UQAR.

C’est pourquoi le 28 mai, se tenait un Forum ouvert organisé par le Professeur Steve Plante (UQAR), anthropologue des risques, et ses étudiants de master et doctorants. A cette occasion, plusieurs dizaines d’habitants, ainsi que des décideurs politiques locaux (représentants de la MRC, député de la Gaspésie) se sont rassemblés autour du thème des risques littoraux. Suivant une méthodologie du dialogue participatif bien rôdée et en s’appuyant sur les règles de l’intelligence collective (confiance dans le processus, bienveillance, plaisir), les organisateurs ont su faire émerger des questions et des inquiétudes légitimes parmi les citoyens présents. Les débats qui en ont résulté ont permis ensuite de co-construire des réflexions en matière de stratégies d’adaptation (retrait, défenses en dur, fiscalité incitative), de développer un esprit collectif face aux risques et de désamorcer des conflits en germes. Le succès de cet événement conduira à renouveler sur place ce type d’expérience citoyenne dans le cadre de RISCDIS.

Les journées des 31 mai et 1er juin ont été dédiées à des visites de terrain en Haute-Gaspésie organisées par les Professeurs Francis Gauthier et Guillaume St-Onge (UQAR). Plus exactement, deux types de risques ont été ciblés à partir d’exemples géographiques locaux.

Le premier concernait les crues éclairs qui ravagèrent la localité de Marsoui (rive sud du fleuve St-Laurent) en août 2014. Outre des effondrements, elles furent à l’origine d’un énorme apport de sédiments et d’embâcles d’arbres arrachés à la chaîne de montagnes des Chic-Chocs qui tuèrent 4 personnes, détruisirent 9 maisons et provoquèrent l’évacuation de 59 autres habitations. Sur place, les chercheurs ont pu observer les mesures techniques mise en œuvre pour tenter d’atténuer, faute de les éviter, ces phénomènes météorologiques extrêmes.

Quelques kilomètres plus loin, sur la route côtière 132 qui longe la côte sud du fleuve et du golfe St-Laurent, ils ont pu constater plusieurs glissements de terrain récents causés par la fonte des neiges. Résultant de la fonte des neiges les sols argileux glissent et emportent les arbres des versants qui menacent directement cet axe de communication stratégique pour l’économie régionale. A cette occasion, Francis Gauthier a présenté une station de surveillance de l’UQAR fixée par son équipe à même la paroi de la falaise afin de prévoir tout risque d’effondrement pour les automobilistes.



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